Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Épilogue
Chapitre 20

Dans la sphère onirique, le soir était tombé. Nayana était avec Alya, regardant les feux d'artifice. Cependant, elle ne partageait pas la joie de sa meilleure amie. Il manquait quelque chose, quelqu'un. Elle ressentait l'absence de Sunset, son autre meilleure amie dans son rêve. Les feux d'artifices lui semblaient moins attrayants sans sa flamboyante amie, et sans la présence de son amie phénix qui la suivait presque partout dans son rêve.

Elle porta la main à son cou, comme elle avait pris l'habitude de le faire pour toucher son collier quand elle réfléchissait, mais elle se stoppa en sentant simplement sa peau sous ses doigts. Elle secoua la tête. Ce n'était qu'un rêve. Un simple rêve ! Elle ne pouvait pas mélanger la réalité et l'imaginaire.

« Naya, tu as été ailleurs toute la soirée. », lui fit remarquer Alya alors qu'elles allaient chez la noiraude pour dormir ensemble.

En réponse, elle baissa la tête.

« Désolée. Je me suis endormie avant le déjeuner tout à l'heure et j'ai fait un drôle de rêve. Il m'a vraiment retourné, il semblait tellement réel, c'est perturbant... ce doit être la chaleur qui me fait divaguer comme ça...

—Ouais, ou alors tu lis trop de livres qui parlent de choses magiques. Lis des polars noirs, tu verras que ça ira mieux !

—Je doute que cela change la situation, et puis je ne suis pas fan de ce type de livres. C'est trop... trop sombre à mon goût. Mais merci quand même, je te ferai signe si je change d'avis.

—Tu sais, je te préfères comme ça ! Tu es beaucoup plus ouverte tout à coup.

—Merci ! J'avoue que c'est agréable de pouvoir exprimer ce que je ressens sans avoir peur du monde comme avant !! »

Le lendemain, alors qu'elle se promenait toute seule dans la forêt près de chez elle, Nayana entendit une voix.

« Naya... Nayana, tu m'entends ? »

La jeune fille regarda autour d'elle mais ne vit personne. Elle continua alors son chemin mais la voix continuait de l'appeler, jusqu'à ce qu'un garçon de son âge apparaisse subitement devant elle. Elle n'eut aucun mal à le reconnaître grâce à ses yeux, qu'elle avait contemplé des milliers de fois dans son rêve. En revanche, ces cheveux bruns lui étaient inconnus.

« Naya ?

—Euh... qui es-tu ? Parce que tu ressembles énormément à quelqu'un que j'ai vu dans un rêve mais il avait les cheveux rouges...

—Alors comme ça, on rêve de moi ? », plaisanta Aron. « Plus sérieusement, j'ai utilisé ma magie pour projeter mon esprit dans le même endroit que le tien et aussi pour avoir une apparence qui se fonde dans le décor dans lequel tu étais. Et puisque tu étais dans un décor terrien... bref, peu importe. Cela a été assez difficile de me connecter à ton esprit pour ensuite envoyer le mien mais j'ai finalement réussi. Je suis venu te chercher.

—Ta... magie ? Me chercher ?

—Cela va être plus difficile que je ne le croyais... », soupira le brun. « Naya, tu ne peux pas avoir tout oublié ! Caliawen, Alfheim, le bal d'Asgard, Sunset et moi, Aron ! »

La noiraude écarquilla les yeux. Comment ce garçon pouvait-il connaître les noms précis de lieux, d'événements et de personnes qui étaient dans son rêve ? Mais était-ce seulement un rêve ou la réalité, comme elle le sentait au fond d'elle depuis la veille ? Et puis, sa grand-mère, qui l'avait toujours surnommée Ana, ne l'appelait plus que par son prénom complet depuis qu'elle s'était réveillée. C'était assez important pour que cela pèse dans la balance...

« Alors ce n'était pas un rêve... cela expliquerait pourquoi Grand-mère ne m'appelle plus Ana, comme avant... Aron, que s'est-il passé ? Pourquoi suis- je sur Terre ? Comment ma grand-mère peut-elle être en vie ?! »

Aron essuya doucement les larmes qui perlaient au coin des yeux de Naya.

« Naya, ton esprit est enfermé dans une sphère onirique, à cause de quelqu'un qui travaille pour le seigneur Obscur. C'est une histoire très compliquée, et Lyna a dit qu'elle viendrait te voir pour tout te raconter quand tu serais revenue. Ce monde est factice Naya, c'est un lieu où tout n'est que bonheur. C'est pour ça que ta grand-mère est en vie ici, et que tu es sur Terre. Sur le coup, j'ai eu peur que tu ais tout oublié, mais tu sembles avoir pris la réalité pour un rêve en te réveillant ici.

—C'est ça.

—Rentre avec moi Naya. On a besoin de toi, tu nous manques. J'ai besoin de toi, je ne peux pas vivre sans toi. Mais je comprendrais que tu ne veuilles pas et que tu veuilles rester pour vivre avec ta grand-mère... »

Nayana serra les poings. Elle devait choisir ? Elle devait choisir entre sa grand-mère et celui qu'elle aimait ?! C'était quoi ce dilemme idiot ?! Normalement, elle ne devrait pas avoir à choisir entre sa famille et celui qui faisait battre son cœur. Elle ne pouvait pas choisir ! C'était impossible ! Même si c'était un monde factice, même si c'était faux, sa grand-mère était en vie en quelque sorte, dans ce monde. Dans ce monde, elle pouvait vivre avec elle, et continuer sa vie comme avant, avec elle. Et puis, si elle restait, que diraient les autres ?

« Hé, Naya, c'est à toi de prendre la décision, d'accord ? Ne te préoccupe pas de la réaction des autres. Si tu veux rester, je ne t'en empêcherai pas et je discuterai avec les autres. Mais il faut que tu sois certaine.

—Aron... je... je ne sais pas... je ne peux pas choisir ! C'est trop difficile ! Je ne peux pas choisir entre ma famille et mes amis, entre ma grand-mère et toi !! C'est impossible... non... je... je ne peux pas... », sanglota-t-elle.

Même si son esprit était dans la sphère onirique, Aron sentit que, à l'extérieur, une onde magique commençait à tout ravager sur son passage. Exactement ce que Lyna craignait... il devait au moins trouver le moyen de la calmer.

« Naya... regarde-moi... », lui souffla le jeune homme.

La jeune fille leva doucement la tête et le mage eut le cœur serré en voyant son beau visage baigné de larmes. Il essuya délicatement ses larmes avec ses pouces avant de prendre son visage en coupe et de sceller leurs lèvres. La noiraude écarquilla les yeux mais enroula rapidement ses bras autour du cou d'Aron pour le rapprocher d'elle et lui rendre son baiser avec ferveur. Les mains du brun remontèrent doucement pour aller se perdre dans ses longs cheveux noirs, de même que celles de la jeune fille. Leurs cœurs s'emballèrent à l'unisson alors que leurs lèvres se taquinaient, se cherchaient, se séparaient pour mieux partir à l'assaut les unes des autres. C'était un baiser fiévreux, plein de passion et de tendresse en même temps et démontrant l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.

Ils finirent par se détacher, à bout de souffle, et Aron posa son front sur celui de Nayana. Il prit quelques secondes pour reprendre son souffle et pour observer la délicate couleur rouge qui paraît les joues de la noiraude et qui intensifiait l'argent de ses yeux.

« Naya... j'ai besoin de toi à mes côtés, mais je sais à quel point ta grand-mère est importante pour toi. Je ne t'en voudrais aucunement si tu voulais rester, bien au contraire. Seul ton bonheur m'importe. »

Son corps commençait à disparaître, signe qu'il allait bientôt rentrer dans son corps, sa magie ne pouvant prolonger plus longtemps son voyage auprès de l'esprit de Nayana.

« Je vais bientôt partir, il me faut une réponse Nayana. », lui dit doucement Aron.

Nayana baissa le regard pour réfléchir un instant. En restant dans ce monde de songes, elle vivrait pour toujours dans le passé, alors qu'elle pouvait se construire un avenir avec Aron et les autres, dans la réalité. Sa grand-mère aurait aimé qu'elle ne s'enferme pas dans le passé.

« Et puis, si je reste, Calypso va mettre le grappin sur mon Aron ! », pesta intérieurement Naya, dont cette idée la mettait hors d'elle et acheva de la convaincre de rentrer.

Elle releva les yeux et hocha doucement la tête. Elle resserra sa prise sur son cou et enfouit sa tête dans son torse.

« Emmène-moi avec toi Aron... », murmura-t-elle.

Elle ferma les yeux et, l'instant d'après, elle les rouvrit et se redressa brusquement du lit, prenant une grande inspiration, comme si elle était restée sous l'eau trop longtemps.

Elle papillonna des yeux, regarda autour d'elle et vit qu'elle était dans sa chambre, dans le château d'Asgard. Elle ne put faire quoi que ce soit d'autre car une tête rousse lui fonça dessus et la fit basculer de nouveau sur le matelas dans son étreinte joyeuse.

« Tu nous as fait tellement peur Naya... », dit doucement Sunset, quelques larmes dévalant ses joues.

Nayana sourit légèrement et lui rendit son câlin. La rousse finit par se décoller, plus qu'heureuse que la noiraude soit de retour dans la réalité.

« Qu'est-ce-que j'ai manqué ?

—A part Calypso qui a risqué sa vie pour qu'on puisse te ramener au château parce que nos ennemis t'avaient kidnappé, pas grand-chose. On te racontera tout, ne t'inquiète pas. »

Naya hocha la tête et regarda à sa gauche. Pour faire voyager son esprit, le rouge s'était allongé à ses côtés. Il était lui aussi réveillé et regardait simplement les deux amies se retrouver. La noiraude sourit au mage mais son sourire se fana quand elle comprit qu'elle ne reverrait plus jamais sa chère grand-mère, ce qu'Aron remarqua.

La jeune fille se leva et s'excusa auprès d'eux, avant de sortir de la chambre. Elle se faufila jusqu'à la roseraie, encore déserte. Elle alla au fond, ayant remarqué un arbre, et se hissa sur une épaisse branche. Quelques secondes après, elle sentit quelqu'un s'installer à côté d'elle et elle tourna la tête. Aron l'avait suivi, sachant ce qui lui traversait l'esprit. Il ouvrit ses bras et elle alla s'y réfugier pour pleurer. Le jeune homme lui caressa le dos d'une main et les cheveux de l'autre, attendant patiemment que sa douleur se calme. S'il ne s'était passé que quelques heures pour eux, deux jours avaient passé pour Naya. Deux jours durant lesquels Lyna était encore en vie, et Alya hors de danger. Deux tout petits jours qui avaient rouvert ses plaies.

Lorsqu'elle fut calmée, la douleur sur son visage n'était pas partie. Aron ne supportait pas de la voir si mal, cela lui déchirait le cœur.

« Tu veux en parler ? », lui souffla-t-il.

Le silence plana quelques secondes avant qu'elle ne hocha la tête. Elle se redressa pour s'installer confortablement, sans pour autant se décoller du rouge.

« C'est comme si... comme si je revivais sa mort une seconde fois. Même si c'était un monde factice, cela semblait réel à quelques détails près...

—A quelques détails près ?

—Grand-mère m'a toujours appelé Ana quand elle était de bonne humeur. Ma grand-mère de ce monde ne le faisait pas. Elle n'avait pas non plus son collier. »

A ces mots, elle paniqua et porta aussitôt la main à son cou. Elle sentit le collier de sa grand-mère, ce qui la fit soupirer de soulagement. Sa réaction fit légèrement sourire Aron, qui se demanda alors comment elle allait réagir quand elle saurait qu'elle n'avait plus de magie.

« Tu sais, ta grand-mère n'est pas vraiment partie. Elle veille et elle veillera toujours sur toi. Elle vit à travers toi, car c'est elle qui a fait de toi celle que tu es au fond de toi. Elle vivra toujours en toi. A Aflheim, on a un adage qui dit « Loin des yeux, près du coeur ». Alors, tant que tu feras vivre ses souvenirs, tant que tu ne l'oublieras pas, elle vivra au fond de ton cœur.

—Sur Terre, on dit quelque chose comme « Loin des yeux, loin du cœur ».

—Vous êtes bien pessimistes sur Terre ! », plaisanta le rouge.

Sa remarque la fit sourire un peu.

« Tu n'as pas tort. Mais je sais que Grand-mère aurait approuvé que je revienne dans la réalité. Elle m'aurait dit qu'il fallait vivre dans le présent et se construire un futur, et non pas rester dans les dédales du passé.

—Je sais. Comme je n'étais pas réellement prisonnier de la sphère onirique, et que j'ai pu y accéder uniquement parce que ton esprit était là-bas, j'entendais toutes tes pensées. », fit-il avec un léger sourire narquois.

Le visage blanc comme neige de la terrienne prit la teinte des cheveux écarlates du mage, sans répondre pour autant.

« Je ne te savais pas si possessive... », continua-t-il sur un ton malicieux.

Elle rougit encore plus. Alors il avait vraiment tout entendu ?

« Et c'est aussi valable pour toi, tu sais ? Je ne te laisserai à aucun autre garçon ! »

En réponse, elle se déplaça précautionneusement sur la branche pour se mettre à califourchon sur les cuisses du mage. Elle leva ensuite la tête vers celle du rouge.

« J'espère bien. Parce que tu as grandement intérêt à ce qu'aucune autre fille ne t'approche, que ce soit Calypso ou une autre.

—J'aime bien ce côté possessif... », murmura malicieusement Aron en scellant leurs lèvres.

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Image du chapitre :
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© Louva Akali,
книга «Âmes en péril».
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