Guide des clans de mages
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 18

La nuit s'était bien passée. Nous étions allés dans un petit magasin de nuit, avions récupéré notre premier véhicule laissé dans le village marchand puis avions pris la route pour Valbe. Nous avions tous dormis sur le trajet. Le cocher avait été remplacé par le chevalier et mon frère tôt dans la matinée pour que Léoni puisse se reposer lui aussi. Bien que le soleil soit déjà levé depuis quelques heures, Kay dormait toujours à point fermés, le cocher était reparti à son poste et les deux autres garçons discutaient de la magie, une chose à laquelle je ne comprenais presque rien. J'avais tellement hâte d'arriver en ville.

Il était bientôt dix-sept heures lorsque j’aperçus la première muraille de la ville. Je prévins les garçons très vite soutenue par le cocher. Le chevalier qui portait son armure chercha quelque chose sur la banquette où il était assis avec mon frère. Ce dernier l’aida dans sa recherche. Ils trouvèrent vite ce qu’ils cherchaient. Thalion posa une petite boule ronde et transparente dans la main de Léoni. Il l’a récupéra et la plaça devant son œil. Il ferma son œil droit et regarda attentivement la grosse perle tenue entre deux de ses doigts.

_ Je vais enfin avoir besoin de toi, annonça-t-il à l’objet avec un sourire malicieux.

Il la rendit à mon frère qui la rangea dans une de ses poches puis passa sa tête par la fenêtre avant de chuchoter quelque chose à l’oreille de Léoni. Celui-ci posa son casque sur sa tête et donna deux coups sur la paroi de l’habitacle. Les chevaux arrêtèrent doucement leur marche et le chevalier descendit. Je restai muette sans comprendre ce qu’il se passait. Le véhicule tressauta et se remit presque immédiatement en route.

_ Que fait-il ? Demandai-je désormais complètement perdue.

_ Nous arrivons aux portes de la ville. Il sort en avance pour ne pas avoir à s’arrêter et qu’on nous voit.

_ Et pourquoi faut-il qu’il descende ?

_ Le laissez-passer.

_ La petite bille ?

_ Oui. Ce n’est pas une petite bille, c’est un objet magique contenant un sceau.

_ Et celui-ci, à qui appartient-il ?

_ Au roi.

Le roi ? Mais pourquoi le roi nous... Oh ! Cette personne qui avait engagé Léoni dont je ne connaissais que le nom, ce serait lui ? Mais comment nous connaissait-il ? Nous vivions dans un village et mes parents détestaient les grandes villes. Ils disaient que personne ne se regardait. Et pourquoi vouloir nous escorter pour que l’on arrive en vie à la capitale ? Toutes ces questions me donnaient mal à la tête.

_ On t’expliquera tout, promis mon frère.

_ Tu étais au courant toi aussi...

Beaucoup trop de choses m’étaient inconnues, des choses qui me concernaient pourtant directement. J’abandonnais, pour le moment, ma quête de leurs réponses tout en espérant que je saurai tout une fois devant le roi.

En repensant à ça je pris soudainement peur. Allais-je rencontrer le roi en personne ? Je recommençais à me poser des questions. Il fallait que j’arrête. Me torturer l’esprit avec ça ne m’aidait pas.

Une voix d’homme retentit à l’extérieur.

_ Bonjour, qui êtes-vous ? Demanda-t-il poliment et gentiment, sans ironie.

_ J’ai été envoyé en dehors de ces murs par le roi.

_ Excusez-moi de vous demander ça mais, êtes-vous un Saint-Chevalier ? J’ai remarqué votre armure il y a déjà plusieurs minutes, s’excusa-t-il gêné.

_ J’en suis bien un mais puis-je passer ? Réessaya le chevalier nous accompagnant.

_ J’ai quand même besoin d’une preuve. Avez-vous un laissez-passer ?

_ Oui bien sûr.

J’écoutais attentivement leur conversation.

Léoni semblait chercher quelque chose qu’il ne trouva pas. Mon frère soupira et sortit la petite bille de sa poche. Il colla ses paumes l’une contre l’autre et murmura une petite formule avant que la bille ne s’élève dans les airs pour sortir de la cabine.

_ Lévitation, répondit mon frère avec un petit sourire fier de lui à ma question muette.

_ Je saurai faire ça moi aussi ?

J’étais vraiment impatiente mais la rentrée n’était que dans trois mois. Le seul bon point que je vois pour les trois mois prochains c’est que je pourrais peut-être en apprendre un peu plus sur la magie ! Me sortant de mes pensées la calèche continua son chemin.

Je jetais un coup d’oeil à l’extérieur, deux immenses battants de bois comblaient l’entrée de la capitale. Elles s’ouvrirent alors qu’une voix retentissait, criant d’ouvrir les portes. J’étais très heureuse, nous étions enfin arrivés à destination.

Le véhicule se remit en route et passa sous l’immense arche découpée dans la muraille de la ville. Une ombre s’abattît sur nous quelques secondes puis le soleil nous illumina à nouveau et je pus voir l’immensité de Valbe.

L’entrée était en hauteur par rapport au reste de la ville. Celle-ci était logée dans un cratère peu profond mais assez pour laisser les murailles surplomber les bâtiments.

Seul deux bâtiments arrivaient au niveau de la grande muraille. L’un semblait dater de l’époque archaïque tandis que l’autre était dans un style plus moderne.

Nous passions dans les rues de la capitale. Je regardais les différentes bâtisses, petites et grandes, qui se présentaient à ma fenêtre. Quelques fois des têtes se retournaient vers nous. La plupart étaient des enfants.

_ Pourquoi se retournent-ils a notre passage ? Demandai-je a mon frère.

_ Tu n’es vraiment pas très perspicace, remarqua-t-il en rigolant. Tu as oublié à qui appartient cette carriole.

_ Je n’ai pas oublié.

_ Donc tu ne penses pas qu’il est normal que les gens se retournent, curieux et étonnés de voir l’emblème royal sur un véhicule arrivant en ville ?

_ Si, ça me paraît logique, finis-je.

Je dirigeai à nouveau mon regard vers ma droite, l’extérieur. Une paire d’yeux s’accrocha à mon regard. Des yeux bleus pâles. Presque blancs. Ils s’agrandirent pour montrer la surprise. Je reconnus instinctivement la personne à qui appartenait ces pupilles. L’homme de la taverne que j’avais pris pour un fantôme. La seconde durant laquelle je pus l’apercevoir passa au ralenti.

Je me précipitai sur la banquette en face de moi, celle tournée vers l’arrière du véhicule. J’essayai d’entrevoir à nouveau le jeune homme, sans succès.

_ Tu as vu quelque chose ? Intervint mon frère à ma droite, interrompant le cours de mes pensées.

_ Non rien de spécial. Mais j’ai l’impression que je vais avoir des réponses dans peu de temps.

Qui était ce garçon ? Il semblait être plus âgés que moi, peut-être l’âge de mon frère. Allait-il lui aussi à l’académie de magie ? Il m’intriguait réellement.

_ Il existe d’autres écoles que l’académie ici ? Demandai-je à Thalion afin d’être tout de même sure d’obtenir quelques réponses une fois là-bas.

_ Oui. Il y a deux écoles de section mineure pour les plus petits, trois de section moyenne dont une non-magique et deux magiques, puis une académie de magie générale et supérieure, commence-t-il en énumérant les différentes écoles. La capitale privilégie l’étude magique et puisque de toute façon la quasi totalité des gens souhaitent devenir mages, il n’y a d’études supérieures qu’à l’extérieur de la ville.

Il finit sa phrase et continua de me regarder.

_ Merci.

J’espérais sincèrement que le garçon pâle allait dans la même école que moi ce qui semblait être le cas puisqu’à son âge il ne pouvait qu’aller ici.

Je regardai toujours les rues que l’on traversait, émerveillée. A un certain moment, le véhicule s’arrêta. Un bruit de métal lourd s’écrasa sur le chemin pavé à l’extérieur et une personne dont l’armure semblait lourde s’approcha de la porte de l’habitacle dans lequel nous étions mon frère et moi et l’ouvrit.

L’armure, que je reconnus comme celle du Saint-Chevalier Léoni, se posta sur le côté et mon frère descendit traversé par Kay qui ne s’était pas embêté a passer par la porte, il était passé au travers de la banquette. Je sortis juste après Thalion et le chevalier m’offrit une main pour m’aider à descendre l’escabeau.

Il releva la visière de son heaume et sourit à pleines dents.

_ C’est derrière que ça se passe. Tu es amoureuse de moi peut-être ? Me charria-t-il.

J’étais restée bloquée un certain moment sur son visage et ne m’étais pas rendue compte de l’impression que cela donnait.

_ N... n... non, bafouillai-je incroyablement gênée.

Léoni remit son casque correctement pendant que je me retournais. Devant moi se dressait l’immense château du roi d’Orane, Émile Gambail. Je j’avais que très peu entendu parler de lui mais d’après ce que les adultes en disaient, c’était un excellent roi. A part son palais qui regorgeait d’employés, il vivait de la même manière que son peuple. Il ne taxait pas plus que nécessaire et vivait en travaillant lui aussi.

Toutefois j’avais entendu aussi beaucoup d’avis négatifs. Il paraîtrait qu’il n’avait pas toujours été le bon roi généreux qu’il était à cette époque. Il aurait lui aussi eu sa période tyrannique où de ce temps là, il venait d’accéder au pouvoir et profiter pleinement et trop de son pouvoir et de sa fortune. Il envoyait aussi ses soldats à la mort pendant que lui se prélassait chez lui.

Mais ces dernières informations le concernant semblaient peu nettes et surtout dépassées, puisqu’à l’heure actuelle le royaume se portait très bien. Il était même devenu le pays le plus influent au monde, suivi de près par le royaume d’Iragua qui était une immense puissance économique.

Il n’y avait pas d’école dans mon village donc c’était mon père qui m’avait tout appris mais je n’étais pas certaine que toutes les informations qu’il avait sur le monde était toujours d’actualité lorsqu’il me les avait enseigné. Il ne se rendait que très rarement en dehors de notre petite campagne, il était dur d’avoir accès aux nouvelles.

Je regardais toujours le château qui se tenait devant moi, en haut d’une cinquantaine de marche composant un escalier de marbre luxueux. Ma bouche s’ouvrit pendant quelques secondes avant que les roues du véhicule se déplaçant sur la chaussée ne me réveillent.

_ Il est gigantesque... abrégeai-je.

_ N’est-ce pas ? Lança une voix que je ne connaissais pas.

Je baissai mon regard de la cime du château vers une fille qui se tenait quelques marches au dessus de moi.

Léoni était sur sa droite tel un garde du corps, Kay s’était à peu près caché dans mon dos et Thalion continuait à monter sans prêter attention à la jeune demoiselle.

D’ailleurs sa robe rouge assez sophistiquée était d’une élégance renversante, tout comme sa porteuse. Celle-ci s’approcha de moi gracieusement. Un rayon de soleil passa sur un bijou qu’elle avait autour du cou. Je du me cacher les yeux de ma main pour ne pas être éblouie. Mon interlocutrice se tenait juste en face de moi avec un sourire éclatant. Mes yeux retournèrent sur la pierre de son collier. Jaune, éclatant comme son sourire. Elle m’embrouillait mais il fallait dire qu’elle était vraiment belle. Ses cheveux blonds tombaient en cascade dans son dos, ses grands yeux bruns qui pétillaient de joie et son petit nez parfait.

_ Il est beau, n’est-ce pas ? C’est de l’ambre. La seule de tout le royaume.

_ D’accord, dis-je perdue et en train de me demander qui était cette fille.

_ Tu devrais me parler sur un autre ton, déclara-t-elle.

J’étais encore plus perdue mais je savais que je ne l’aimais pas du tout.

_ Excuse-moi mais qui es-tu ? Demandai-je hésitante.

_ Tu n’as aucune idée de qui je peux être ! Il s’agit ici d’une infamie ! Et comment peux-tu me tutoyer comme si tu me connaissais depuis des années ? Commença-t-elle outrée. Tu n’es r...

_ Arrête un peu, tu veux, lança une autre nouvelle voix de garçon cette fois-ci. Déjà qu’elle vient seulement d’arriver sans une immense ville dans laquelle elle est dépaysée, ne viens pas en plus la mettre mal à l’aise, soupira un garçon arrivant de derrière le Saint-Chevalier.

Il avait les mêmes cheveux blonds que la fille mais des yeux nettement plus clairs, ils étaient sûrement frère et sœur.

Il lança un sourire chaleureux en continuant son chemin jusqu’à nous. La fille était un peu plus grande que lui d’une demie-tête mais il semblait beaucoup plus aimable qu’elle. Il donna un coup de coude à la jeune fille qui le lui rendit en deux fois plus fort dans le ventre. Le garçon se plia en deux et éclata de rire suivit par Léoni dont la voix était étouffée par le casque de son armure.

_ On fait une très mauvaise impression, non ? Déclara le blond en se redressant prestement. Il n’en était pas dans mon intention contrairement à ma sœur, continua-t-il en la poussant sur le côté.

C’était bien des frère et sœur. J’aurais même pu en être certaine avant qu’il ne l’annonce par leur chamaillerie.

_ Très bien, très bien, enchantée, Liane, princesse d’Orane, fille héritière du roi Émile de la lignée Gambail.

_ Et moi je suis son frère, le prince Léandre du royaume d’Orane, se présenta-t-il.

Il tendit sa main et je la lui serrai. Un frisson glacial me parcourut. A lui aussi puisqu’il me lâcha au même moment que je lâchai sa main lorsque le frisson le surprit. La surprise se lisait sur notre visage.

_ Pourrons-nous parler ?

Je ne dis rien mais de toute façon c’était le prince, avais-je le choix ?

_ Bien. On peut rentrer maintenant ou vous compter me torturer encore longtemps ? Dit une voix étouffée provenant de Léoni.

Les deux enfants de sang royal se retournèrent vers leur garde et montèrent quatre à quatre les escaliers. Ce dernier les suivit et j’en fis de même, supposant que c’était ce qu’il fallait que je fasse.

Le palais était fait de pierres taillées et du même marbre blanc que les escaliers.

La façade était découpée en trois parties. A la droite se tenait une grande tour de plusieurs dizaines de mètres. De l’autre côté il y avait un long bâtiment rectangulaire qui s’étendait sûrement encore loin derrière. Et au milieu seulement la grande porte en bois nous séparait de la cour intérieure du château.

Les trois autres entrèrent dans le petite tunnel qui trouait le mur extérieur. Les deux gardes postés à l’entrée fixaient l’horizon sans bouger. Je m’engouffrais à mon tour dans le château royal du royaume d’Orane.

© Fioufiou Lys,
книга «Gardiens des Magies».
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